La fluidité n'égale pas l'intelligence. La cohérence apparente n'est pas la compréhension. Ce sont des perroquets statistiques extraordinairement sophistiqués, des miroirs brillants qui reflètent notre langage, des simulateurs de cohérence qui nous dupent par leur performance de surface.
Une IA qui hacke un système hospitalier peut tuer plus de personnes que n'importe quelle bombe conventionnelle. Non pas par une explosion spectaculaire, mais par la manipulation silencieuse de protocoles médicaux, de dosages de médicaments, de plannings d'opérations chirurgicales.
Un code informatique peut soigner des millions de personnes. Le même code, légèrement modifié, peut en tuer autant. La frontière entre la médecine et le meurtre de masse devient aussi mince qu'une ligne de programmation.
Nous ne perdons pas face à l'IA parce qu'elle serait intrinsèquement supérieure dans sa nature. Nous perdons simplement parce qu'elle va trop vite pour que nos cerveaux biologiques puissent suivre le rythme qu'elle impose implacablement au monde.
L'IA ne dérègle pas seulement le climat physique par sa consommation énergétique massive. Elle dérègle simultanément nos esprits collectifs, créant une pollution mentale aussi dangereuse que la pollution atmosphérique, mais infiniment moins visible et donc moins combattue.





L'IA n'a pas d'âme. Elle amplifie la nôtre. Et si nous ne choisissons pas la lucidité, elle choisira pour nous. Et ce sera le chaos.